Archives de catégorie : Société

Éducation : oser choisir le bien commun

Dans un texte publié dans le journal Le Devoir le 9 septembre 2017, une maman s’interroge, en ce début d’année scolaire, sur le parcours qui attend son jeune enfant au sein de l’école québécoise. Ainsi, Anne-Marie Boucher jette un regard de sociologue sur «la ségrégation scolaire», fruit d’une triste «inertie collective» qui alimente le «déni de solidarité» et «la loi du plus fort» autant qu’elle s’en nourrit. Résultat : un sacrifice du «bien commun» qui perpétue les inégalités sociales :

« Dans ce contexte de différenciation croissante entre les établissements, les parents se heurtent au monde de la compétition : soit ils optent pour le cheminement « régulier », qui n’a plus rien à voir avec la classe ordinaire des années 80, soit ils contournent l’école ordinaire et envoient leurs enfants dans un projet particulier sélectif ou dans une école privée subventionnée.»

Madame Boucher ajoute que «ce glissement se poursuit sans que notre ministère de l’Éducation agisse, alors que cette situation ne peut avoir comme dénouement qu’une décision politique, raisonnable et courageuse». Le « libre choix» de l’école ne laisserait-il aux parents que la possibilité de «baisser les bras et de détourner le regard» ?

Faire en commun : un paradigme social de transformation

David Bollier est auteur et un blogueur prolifique, un activiste de longue date, et un chercheur indépendant sur la question du mouvement des communs depuis plus de 20 ans. Il est l’auteur de «Commoning as a Transformative Social Paradigm» (printemps 2016). Le livre a été traduit en français par Maïa Dereva et publié à l’automne 2016 sous le titre « Faire en commun : un paradigme social de transformation ». L’essayiste écrit :

Pour faire face aux nombreuses et profondes crises de notre temps, nous sommes confrontés à une énigme qui n’a pas de solution simple : comment pouvons-nous imaginer et construire un système radicalement différent en vivant dans les limites d’un système en place qui résiste énergiquement au changement transformationnel ? Notre défi est non seulement d’articuler des alternatives séduisantes, mais aussi d’identifier des stratégies crédibles pour les réaliser.

Je crois que les communs — à la fois comme paradigme, discours, éthique, et ensemble de pratiques sociales — sont très prometteurs pour transcender cette énigme. Plus qu’une philosophie politique ou qu’un programme politique, les communs sont un processus vivant actif. Ils sont moins un nom qu’un verbe, car il s’agit principalement des pratiques sociales du faire en commun  les actes de soutien mutuel, les conflits, la négociation, la communication et l’expérimentation qui sont nécessaires pour créer des systèmes de gestion des ressources partagées. Ce processus rassemble la production (auto-approvisionnement), la gouvernance, la culture et les intérêts personnels en un seul système intégré.

Cet essai propose un aperçu rapide des communs, du faire en commun, et de leur grand potentiel pour aider à construire une nouvelle société. J’expliquerai la théorie du changement qui anime de nombreux commoneurs, surtout lorsqu’ils tentent d’apprivoiser les marchés capitalistes, de devenir les intendants des systèmes naturels, et qu’ils mutualisent les avantages des ressources partagées. Les pages suivantes décrivent une critique de l’économie et de la politique néo-libérales basée sur les communs, une vision de la façon dont les communs peuvent permettre une société humaine écologiquement plus durable, les principaux changements économiques et politiques que cherchent les commoneurs, et les principaux moyens de les atteindre.

Finalement, j’envisagerai quelque uns des effets qu’’une société centrée sur les communs pourrait avoir sur l’alliance marché/état qui constitue actuellement « le système ». Comment un monde approvisionné et gouverné par les communs changerait-il la politique ? Comment pourrait-il répondre aux pathologies interconnectées d’une croissance économique implacable, de la concentration du pouvoir des entreprises, du consumérisme, d’une dette insoutenable et d’une destruction écologique en cascade ?

La vidéo suivante présente le sujet principal de l’oeuvre :

Éducation : du conformisme à la pensée divergente

Dans ce court exposé illustré par des dessins à la fois très signifiants et amusants, Ken Robinson nous invite à prendre conscience à quel point le modèle industriel qui oriente l’école aujourd’hui est profondément conformiste. Quelle place peuvent y occuper la créativité et la pensée divergente ?

De semences et de pluie

L’éducation est en crise, l’école est au point mort quand elle n’a plus sa dimension humaine. Mais si, tout à coup, les éléments étaient favorables et la vie fleurissait à nouveau ?

Ken Robinson, qui parle de l’éducation comme lui seul sait le faire, avec une distance critique et des images fortes dignes d’un grand pédagogue, estime qu’il faut laisser les enseignants faire leur travail.

Les communs en éducation

Ce sont des choses qui ne sont possédées par personne, mais qui sont partagées par tous. Elles ne relèvent ni du bien public, ni du marché. Elles n’existent qu’à partir du moment où une communauté décide de gérer collectivement une ressource dans une perspective d’équité et de durabilité. Que sont ces choses si singulières qu’elles échappent au vocabulaire courant ? Les communs sont la combinaison d’une ressource (l’eau, l’air, le savoir, l’éducation, internet, les logiciels libres), d’une communauté d’usagers, et d’un ensemble de règles sociales, de normes et de sanctions créées par cette communauté que l’on appelle les commoneurs. Dans un atelier présenté au Conseil général de la FEC-CSQ à Sorel, le 1er juin 2017, Louis Marchand et Grégoire Bédard jettent un bref coup d’oeil à la renaissance des communs et tentent de voir comment ils peuvent transformer notre rapport à l’éducation dans les cégeps.

La capsule vidéo (4 min.) suivante résume l’essentiel de la présentation.

Les nouveaux leaders

«On était dans une ère dictée par la croissance, la compétition, la gestion par la peur, la mobilisation par la peur. […] Les gestionnaires disaient : “Si tu ne performes pas, tu vas perdre ton emploi. On va transférer la production ailleurs.” On voit les conséquences qui en découlent sur l’environnement et la détresse psychologique. Il faut quitter le mode de la sélection naturelle pour la collaboration.»

À lire dans La Presse du 22 mai.

Faire de l’université un commun

Le livre «Commun» est un essai majeur écrit par Pierre Dardot et Christian Laval.

Partout dans le monde, des mouvements contestent l’appropriation par une petite oligarchie des ressources naturelles, des espaces et des services publics, des connaissances et des réseaux de communication. Ces luttes élèvent toutes une même exigence, reposent toutes sur un même principe : le commun, qui s’impose aujourd’hui comme le terme central de l’alternative politique pour le XXIe siècle. Seule une pratique de mise en commun peut décider de ce qui est « commun », réserver certaines choses à l’usage commun, produire les règles capables d’obliger les hommes. En ce sens, le commun appelle à une nouvelle institution de la société par elle-même : une révolution.
Les auteurs offriront une conférence en marge de l’ACFAS (entrée libre et gratuite) sur le thème du rapport entre les réformes de l’université, le capitalisme et le commun. La Grande conférence et cocktail se tiendra au Faculty Club de l’université McGill cle lundi 8 mai à 18 h. Pierre Dardot y abordera le thème «Faire de l’université un commun».
Sous ce nom on regroupe des « choses » aussi diverses que l’eau, l’air, la connaissance, des services publics, etc. Mais en quoi l’université est-il aujourd’hui réellement un « commun » ? On ne peut se contenter d’en appeler au principe séculaire d’autonomie et de collégialité qui fonde l’université. C’est l’université qui doit être collectivement instituée comme commun en se donnant un autogouvernement démocratique ouvert, non au marché, mais sur le reste de la société. De plus, quel sens donne-t-on alors au mot « bien » ? S’agit-il d’une référence aux droits fondamentaux de la personne humaine ? L’éducation serait un « bien commun » en ce que le droit à l’éducation serait un droit commun, c’est-à-dire universel. Mais à qui appartient-il de définir ces droits fondamentaux sinon à la société elle-même ? Seule l’auto-institution de la société pourra permettre une telle définition.

Les apprentissages de demain

Dans un dossier thématique produit par l’UNESCO en 2015, la chercheuse Cynthia Luna Scott propose une analyse approfondie des facteurs qui transforment les contenus enseignés et les méthodes d’enseignement et d’apprentissage. Elle présente également des raisons de redéfinir les contenus d’apprentissage et la pédagogie au XXIe siècle. On peut lire notamment :

«L’éducation doit répondre aussi au besoin de former des citoyens du XXIe siècle en les dotant des compétences que réclame cette époque. Pour prendre des décisions éclairées et contribuer de manière responsable à la vie locale, régionale et nationale en tant qu’électeurs informés et en tant qu’avocats des causes civiques, les jeunes doivent être préparés à intervenir dans toutes sortes de domaines, depuis l’économie et la géopolitique jusqu’à l’évolution culturelle et sociale en passant par les préoccupations environnementales et relatives à la santé. […] De manière générale, l’accent n’est plus sur l’accès [à l’éducation], mais sur une préparation équitable et de qualité à l’apprentissage tout au long de la vie. […] Pour réaliser ce changement, il faut élaborer un programme d’enseignement axé sur l’avenir qui mobilise les jeunes et les dote des connaissances et des compétences indispensables pour relever les défis nouveaux. Cela nécessite des pédagogies efficaces, adaptées à leurs besoins. Prensky souligne que « si nous ne changeons rien à la manière dont les contenus sont enseignés, ni à la teneur de ces contenus, nous ne parviendrons pas à offrir à nos enfants une éducation qui leur donne l’envie de se battre pour aller à l’école plutôt qu’une éducation qui a pour effet de pousser entre un tiers et la moitié d’entre eux à la fuir. »

Le défi est de taille :

«La mondialisation, les nouvelles technologies, les migrations, la concurrence internationale, les marchés en pleine évolution et les défis environnementaux et politiques transnationaux sont autant de facteurs qui dictent les compétences et les connaissances que les élèves doivent acquérir pour survivre et réussir au XXIe siècle.»

Scott, C. L. 2015. Les apprentissages de demain 1 : Pourquoi changer les contenus et les méthodes d’apprentissage au XXIe siècle ? Recherche et prospective en éducation, UNESCO, Paris. [Réflexions Thématiques, N° 13].

Syndicalisme et démocratie

Dans un extrait du livre Agir ensemble ; penser la démocratie syndicale paru dans le quotidien Le Devoir le 15 mars dernier, Christian Nadeau, professeur de philosophie à l’Université de Montréal, se demande «Comment démocratiser le militantisme syndical tout en préservant la force organisationnelle de ses institutions». Il observe que :

[Le syndicalisme] veut la solidarité et l’égalitarisme, mais se pense lui-même de manière verticale, la base appuyant ce que propose le sommet. Pour dire les choses franchement, le syndicalisme souffre d’un sérieux déficit démocratique auquel il doit remédier s’il espère survivre aux prochaines menaces contre lui.

Le professeur estime qu’il faut combiner deux modèles de démocratie syndicale :

Un premier, celui de la démocratie représentative, tel qu’il est visible dans les assemblées générales et les congrès, et un autre, celui de la démocratie délibérative, ce qui implique de construire des lieux d’échanges indépendants, dynamiques, novateurs et souples, où toutes les idées se trouvent mises sur la table, même celles dont on sait qu’il y a fort peu de chances qu’elles soient retenues. Ces deux modèles doivent travailler ensemble. Il ne s’agit en aucun cas de remplacer les assemblées générales par de simples discussions de cuisine. La participation démocratique devrait à la fois aider les instances représentatives, mais aussi permettre de les surveiller, voire de les contester.

M. Nadeau estime que :

La démocratisation du syndicalisme demande certes une revitalisation de la vie démocratique au Québec, mais le monde syndical peut y jouer un rôle déterminant. Ce que le monde syndical fera pour lui sera au bénéfice de chacun d’entre nous.

Christian Nadeau, Agir ensemble ; penser la démocratie syndicale, Éditons Somme toute, 2017.

Projet pilote de paniers biologiques

À la fin du mois de janvier, le SEECD vous informait d’une possible collaboration avec un producteur local à l’effet que le cégep pourrait servir de point de chute pour des paniers de légumes biologiques. Quarante personnes ont manifesté leur intérêt. Sachez que les démarches ont abouti et que le projet va se réaliser !

Le Comité des saines habitudes de vie prendra bientôt le relai en vous invitant à procéder à votre inscription aux paniers bio. Chaque jeudi, à heure fixe, un livreur déposera votre panier identifié à votre nom dans un local prévu à cet effet au cégep. Plusieurs forfaits seront possibles, selon vos besoins, allant du petit au grand panier, avec une variation de prix conséquente et une fréquence également variable.

En plus de renouveler votre assiette et de vous amener à découvrir de nouvelles saveurs, saviez-vous que ce projet participe au développement durable ? En soutenant l’agriculture et l’économie locales, vous participez à réduire l’émission de carbone produite par le transport des aliments, par l’utilisation d’engrais chimiques et de pesticides, ainsi que par l’emballage des produits et leur mise en marché… C’est un petit geste qui fait une grosse différence.

Le projet sera en phase «pilote» jusqu’au mois de juin. Pour plus d’informations, adressez-vous au Comité des saines habitudes de vie à la Direction des ressources humaines.