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Demi-journée de réflexion

Le bureau syndical tiendra une demi-journée de réflexion pour discuter de diverses préoccupations en vue de l’élaboration du plan d’action syndical, qui sera proposé en assemblée générale lors de la prochaine session. Nous aimerions aborder des sujets tels que l’autonomie départementale, l’implication et la collaboration (notamment dans les comités), la collégialité, l’autonomie professionnelle, l’environnement, etc. Cette rencontre fait suite à la présentation des objectifs généraux des 7 février et 25 avril derniers.

Comme nous souhaitons que ce plan reflète bien les préoccupations de la communauté enseignante, nous vous invitons à vous joindre à nous le mercredi 7 juin dès 9 h 30 h. La discussion prendra la forme d’un échange informel. Si un tel remue-méninges vous interpelle, nous vous demandons de confirmer votre présence avant le 1er juin.

Nous espérons vous y voir en grand nombre!

Cégep : les profs investis plus que jamais

La Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ) tient à rétablir certains faits en réaction à l’article publié dans La Presse intitulé De plus en plus de profs délaissent l’enseignement à temps plein. « Cet article porte malheureusement à confusion à la fois sur l’engagement très important des profs de cégep vis-à-vis de l’enseignement et sur le programme de réduction du temps de travail. Ce ne sont pas les libérations qui mettent de la “pression sur le système”, c’est plutôt le système qui met de la pression sur les profs! », de déclarer Lucie Piché, présidente de la FEC-CSQ.

 

L’enseignement collégial, un exemple pour l’éducation supérieure

Rappelons que si le nombre d’enseignantes et d’enseignants qui obtiennent une libération de leur tâche d’enseignement semble important, cela ne reflète ni le temps réellement accordé, ni l’ampleur de la charge de travail à être fourni en contrepartie. « Plusieurs d’entre nous peuvent avoir plus d’un millier de notes à remettre par année, alors que d’autres ont jusqu’à dix cours à préparer. Affirmer que nous délaissons l’enseignement lorsque la direction accepte de nous décharger d’un cours ou deux pour mettre sur pied un centre d’aide à l’apprentissage ou à la réussite, mettre à jour un programme d’études, développer des outils pédagogiques, n’est tout simplement pas justifié », d’ajouter la présidente de la FEC-CSQ.

 

Une grande partie des montants accordés aux cégeps pour les libérations l’ont été hors négociation ou hors convention par le gouvernement lui-même pour développer les activités pédagogiques dans le réseau. Ce sont d’ailleurs les directions qui ont le plus de prise sur l’utilisation de ces sommes qui servent avant tout à soutenir la réussite des étudiantes et des étudiants dont celles et ceux en situation de handicap qui représentent environ 12 % de la population étudiante. Ce qui se fait au collégial dans le domaine est d’ailleurs pris comme exemple pédagogique pour l’enseignement supérieur au Québec.

 

La réduction volontaire du temps de travail, une économie pour les fonds publics

Concernant le programme volontaire de réduction du temps de travail (PVRTT), rappelons que cette disposition prévue à la convention collective date de l’époque de Lucien Bouchard et des ententes sur le déficit zéro. En permettant à des employées et employés du secteur public de réduire leur temps de travail sans être rémunérés, les établissements économisent en remplaçant par une personne dont le salaire est moins élevé en raison de son ancienneté et donc de son niveau dans l’échelle salariale. Le maintien de certains avantages sociaux est donc largement compensé. Dans un contexte où les cas d’épuisement professionnel se multiplient et que certains avancent même que le Québec est en état de « surmenage social » , notamment en raison de modes d’organisation du travail qui en demandent toujours plus, il n’est pas étonnant que plusieurs cherchent une manière de garder la tête hors de l’eau. « Sacrifier une partie de son salaire pour éviter de tomber en congé de maladie illustre bien l’ampleur de la surcharge que vivent bon nombre de professeures et professeurs », de préciser Lucie Piché.

 

« À l’occasion du 50e anniversaire des cégeps, plutôt que de dénigrer injustement le corps professoral, il serait plus constructif de valoriser sa contribution au dynamisme des établissements collégiaux et leur apport aux activités sociales et culturelles de l’ensemble des régions du Québec », conclut-elle.

La créativité

Un autre trimestre se termine. Le temps est venu de faire un bilan de nos activités pour voir où nous en sommes et où nous nous en allons.

L’engagement

Ce dernier numéro de Panorama21 présente, en majeure partie, les comptes rendus du travail fait par plusieurs comités où se sont impliqués des enseignantes et des enseignants durant l’année scolaire qui achève. On compte environ 25 groupes de tout ordre, allant de la communauté de pratique au comité paritaire, en passant par les comités syndicaux, les groupes d’action bénévole ou le conseil d’administration.

Ces comptes rendus, comme tous les textes courts, ne sont pas exhaustifs et ne couvrent pas tout ce qui a été réfléchi, débattu, organisé et mis sur pied. Mais ils offrent une vue d’ensemble qui permet de constater l’implication des enseignantes et des enseignants au sein de leur communauté.

Ces rencontres participent à tisser des liens entre les membres des différentes communautés. Elles favorisent l’engagement des enseignants et des enseignantes et dynamisent les relations au sein de l’écosystème éducatif. De plus, l’élaboration de plans d’action concertés recadre les lieux de décision à l’horizontale. Cette dynamique de l’engagement participe à l’autonomisation des communautés, elle favorise leur empowerment.

Les relations

Dans un processus constructif où la coopération entre les différentes instances est bien ancrée, la compréhension mutuelle et la collaboration sont des éléments de premier plan. Aujourd’hui, cependant, de manière générale, les choses ne sont pas encore rendues là. Il existe toujours des attentes silencieuses de part et d’autre, de la méfiance, des frictions et des situations qui révèlent parfois un choc des cultures. Le réflexe est de voir la confrontation comme une voie possible pour régler les conflits, alors que nous aurions avantage à ce que l’affrontement cède le pas à la coopération pour le bien commun.

L’imagination

Nous sommes dans une période de transition où il faut être imaginatif et créatif pour inventer de nouvelles façons d’aborder les différends qui nous opposent. Cette approche, quand elle ne se limite pas à une vision verticale de la hiérarchie et quand elle s’inscrit dans une perspective de co-création bienveillante au sein de l’institution, peut être un gage d’avenir.

Reste à l’inventer et à l’entretenir.

Pour une pédagogie renouvelée : deux ateliers offerts

Marc-André Girard, auteur du Manifeste pour une pédagogie renouvelée, présentera deux ateliers le vendredi 2 juin prochain:

 

Réflexion sur le changement en éducation (9 h à midi )

Pourquoi changer en éducation?

Quelles compétences développer au 21e siècle?

Quelle rétroaction faire en cours d’apprentissage?

Le rôle de l’enseignant en cette période de turbulence.

La mentalité de croissance chez les élèves et chez les enseignants.

Quelle place pour les technologies en éducation?

Quelles sont les futures tendances en éducation?

 

Quelques outils pédagonumériques à considérer (13 h 30 à 16 h 30)

Comment inverser sa classe sans trop se fatiguer ?

Corriger avec l’iPad et organiser ses observations

Rejoindre une communauté d’apprentissage professionnelle

 

Le nombre de place est limité. Vous pouvez vous inscrire en suivant ce lien.

Vers un plan d’action syndical (partie 2)

Lors de l’Assemblée générale du 25 avril, le bureau syndical du SEECD a présenté trois objectifs généraux et des sous-objectifs qui pourraient éventuellement orienter son plan d’action l’an prochain. Ces objectifs se traduisent, à titre d’exemples, dans certaines activités et avancées réalisées au cours de l’année. Cette présentation fait suite à l’assemblée du 7 février. La capsule vidéo ci-dessous (2 min. 10 sec.) résume l’essentiel de la présentation.

Faire de l’université un commun

Le livre «Commun» est un essai majeur écrit par Pierre Dardot et Christian Laval.

Partout dans le monde, des mouvements contestent l’appropriation par une petite oligarchie des ressources naturelles, des espaces et des services publics, des connaissances et des réseaux de communication. Ces luttes élèvent toutes une même exigence, reposent toutes sur un même principe : le commun, qui s’impose aujourd’hui comme le terme central de l’alternative politique pour le XXIe siècle. Seule une pratique de mise en commun peut décider de ce qui est « commun », réserver certaines choses à l’usage commun, produire les règles capables d’obliger les hommes. En ce sens, le commun appelle à une nouvelle institution de la société par elle-même : une révolution.
Les auteurs offriront une conférence en marge de l’ACFAS (entrée libre et gratuite) sur le thème du rapport entre les réformes de l’université, le capitalisme et le commun. La Grande conférence et cocktail se tiendra au Faculty Club de l’université McGill cle lundi 8 mai à 18 h. Pierre Dardot y abordera le thème «Faire de l’université un commun».
Sous ce nom on regroupe des « choses » aussi diverses que l’eau, l’air, la connaissance, des services publics, etc. Mais en quoi l’université est-il aujourd’hui réellement un « commun » ? On ne peut se contenter d’en appeler au principe séculaire d’autonomie et de collégialité qui fonde l’université. C’est l’université qui doit être collectivement instituée comme commun en se donnant un autogouvernement démocratique ouvert, non au marché, mais sur le reste de la société. De plus, quel sens donne-t-on alors au mot « bien » ? S’agit-il d’une référence aux droits fondamentaux de la personne humaine ? L’éducation serait un « bien commun » en ce que le droit à l’éducation serait un droit commun, c’est-à-dire universel. Mais à qui appartient-il de définir ces droits fondamentaux sinon à la société elle-même ? Seule l’auto-institution de la société pourra permettre une telle définition.

L’implication dans les comités

Lors de la prochaine assemblée générale (25 avril), vous serez invités à manifester votre intérêt à vous impliquer dans différents comités au cégep. Certains vous sont probablement familiers, alors que d’autres vous sont peut-être inconnus. Afin de vous aider à réfléchir à une possible implication ou d’attiser votre intérêt, nous vous présentons brièvement quelques comités pour lesquels nous devrons élire des représentantes ou représentants prochainement.

Ceux et celles qui ont à cœur la reconnaissance du personnel travaillant au cégep et les activités rassembleuses pourraient être intéressés par le comité de reconnaissance et de valorisation du personnel. Ce dernier organise différentes activités, dont le « party » de Noël, la soirée reconnaissance et l’activité de fin d’année. Le comité de la condition des femmes (CCF) de la FEC et le comité consultatif d’accès à l’égalité ont, quant à eux, pour objectif de discuter, dans le premier cas, de différents enjeux touchant la condition des femmes dans la société et, dans l’autre, des enjeux concernant l’égalité d’accès en emploi au cégep. En plus de participer à quelques rencontres organisées par la FEC durant l’année, les personnes impliquées dans ces comités peuvent organiser des activités locales et doivent assurer le suivi du programme d’accès à l’égalité en emploi auprès de la FEC. Ceux et celles qui ont à cœur les mesures d’aide à la réussite et les étudiants ou étudiantes en situation de handicap (EESH) ou ayant des besoins particuliers (EBP) pourraient se joindre au comité sur les mesures d’aide à la réussite, qui discute de la procédure pour les appels de projets et qui sélectionne les projets qui sont ensuite soumis à la direction pour approbation. Le désir de « réanimer » le comité environnement l’an prochain est également bien présent. Ce comité pourrait mettre en place des projets concernant, par exemple, l’alimentation ou les espaces verts au cégep, ou encore des activités de sensibilisation liées à l’écologie. Le comité en matière de harcèlement et de violence sera aussi réactivé l’an prochain. Il se penchera sur les politiques et les mesures à prendre concernant le harcèlement et les actes de violence de différentes natures qui pourraient survenir au cégep.

Malheureusement, il est impossible de mentionner ici tous les comités existants, mais vous pouvez vous informer auprès de votre équipe syndicale pour en connaître davantage au sujet des différents comités qui nous permettent de travailler en collaboration avec la direction et les autres personnels du cégep ou encore au sujet des comités liés à la FEC ou à la CSQ.

S’impliquer dans un comité est une façon de faire la différence dans le cégep et de tisser des liens avec divers membres de la communauté collégiale. Les comités sont un premier pas vers davantage de collaboration à l’intérieur et même à l’extérieur des murs du cégep. Si cette idée de collaboration vous tient à cœur, manifestez-vous!

Les apprentissages de demain

Dans un dossier thématique produit par l’UNESCO en 2015, la chercheuse Cynthia Luna Scott propose une analyse approfondie des facteurs qui transforment les contenus enseignés et les méthodes d’enseignement et d’apprentissage. Elle présente également des raisons de redéfinir les contenus d’apprentissage et la pédagogie au XXIe siècle. On peut lire notamment :

«L’éducation doit répondre aussi au besoin de former des citoyens du XXIe siècle en les dotant des compétences que réclame cette époque. Pour prendre des décisions éclairées et contribuer de manière responsable à la vie locale, régionale et nationale en tant qu’électeurs informés et en tant qu’avocats des causes civiques, les jeunes doivent être préparés à intervenir dans toutes sortes de domaines, depuis l’économie et la géopolitique jusqu’à l’évolution culturelle et sociale en passant par les préoccupations environnementales et relatives à la santé. […] De manière générale, l’accent n’est plus sur l’accès [à l’éducation], mais sur une préparation équitable et de qualité à l’apprentissage tout au long de la vie. […] Pour réaliser ce changement, il faut élaborer un programme d’enseignement axé sur l’avenir qui mobilise les jeunes et les dote des connaissances et des compétences indispensables pour relever les défis nouveaux. Cela nécessite des pédagogies efficaces, adaptées à leurs besoins. Prensky souligne que « si nous ne changeons rien à la manière dont les contenus sont enseignés, ni à la teneur de ces contenus, nous ne parviendrons pas à offrir à nos enfants une éducation qui leur donne l’envie de se battre pour aller à l’école plutôt qu’une éducation qui a pour effet de pousser entre un tiers et la moitié d’entre eux à la fuir. »

Le défi est de taille :

«La mondialisation, les nouvelles technologies, les migrations, la concurrence internationale, les marchés en pleine évolution et les défis environnementaux et politiques transnationaux sont autant de facteurs qui dictent les compétences et les connaissances que les élèves doivent acquérir pour survivre et réussir au XXIe siècle.»

Scott, C. L. 2015. Les apprentissages de demain 1 : Pourquoi changer les contenus et les méthodes d’apprentissage au XXIe siècle ? Recherche et prospective en éducation, UNESCO, Paris. [Réflexions Thématiques, N° 13].

Travaux d’aménagement de la bibliothèque

Ce printemps, après un an de dormance, le comité consultatif sur les travaux de modernisation de la bibliothèque a été réactivé. Des rencontres hebdomadaires le tiennent très actif. Le comité a pu notamment donner son avis sur deux ébauches de plans de réaménagement et, au moment d’écrire ces lignes, une troisième version était prévue.

La bibliothèque n’est pas qu’un lieu hautement symbolique dans une école.  C’est un lieu qui permet l’accès à la connaissance, qui favorise et encourage l’apprentissage et qui participe à l’émancipation générale d’une société. C’est un bien commun qui devrait être au coeur de l’établissement, valorisé et ouvert.

Ce projet de réaménagement est pris très au sérieux. On se rappellera que la bibliothèque a fait l’objet d’une tempête d’idées de design et d’aménagement, soumises par la communauté, sous la forme d’un wiki mis de l’avant par le SEECD. Cet exercice était un pari, celui que nous arriverions tous ensemble à imaginer un lieu où il fera bon être, apprendre, partager, collaborer et étudier. Cette vision s’est matérialisée en un rêve plus ou moins clair d’une quarantaine de propositions. Certaines idées se recoupent : le besoin de créer des lieux inspirants où l’on puisse apprendre et trouver de l’aide, le besoin de vivre dans des lieux de travail confortables, pratiques et beaux, le besoin d’espace et de lumière. Nous sommes tous conscients que, pour des raisons liées au budget, aux délais ou même à l’architecture du bâtiment, ces idées ne seront pas toutes réalisées, mais, par le biais de cet exercice, nous manifestons que la coopération et l’échange entre nous peuvent être de grandes forces. Le comité consultatif poursuit sur cette lancée.

Un processus créatif est souvent un parcours difficile, semé de doutes et de remises en question. C’est aussi une période d’exploration ponctuée de découvertes imprévues. Lors de la rencontre du 28 mars, les membres du comité avaient bon espoir que la prochaine version du plan, qui sera soumise par l’architecte, répondrait mieux à leurs attentes. Cette esquisse permettra par la suite de créer des perspectives tridimensionnelles et des plans préliminaires. Ces dessins permettront certainement de se faire une bonne idée du projet.

Syndicalisme et démocratie

Dans un extrait du livre Agir ensemble ; penser la démocratie syndicale paru dans le quotidien Le Devoir le 15 mars dernier, Christian Nadeau, professeur de philosophie à l’Université de Montréal, se demande «Comment démocratiser le militantisme syndical tout en préservant la force organisationnelle de ses institutions». Il observe que :

[Le syndicalisme] veut la solidarité et l’égalitarisme, mais se pense lui-même de manière verticale, la base appuyant ce que propose le sommet. Pour dire les choses franchement, le syndicalisme souffre d’un sérieux déficit démocratique auquel il doit remédier s’il espère survivre aux prochaines menaces contre lui.

Le professeur estime qu’il faut combiner deux modèles de démocratie syndicale :

Un premier, celui de la démocratie représentative, tel qu’il est visible dans les assemblées générales et les congrès, et un autre, celui de la démocratie délibérative, ce qui implique de construire des lieux d’échanges indépendants, dynamiques, novateurs et souples, où toutes les idées se trouvent mises sur la table, même celles dont on sait qu’il y a fort peu de chances qu’elles soient retenues. Ces deux modèles doivent travailler ensemble. Il ne s’agit en aucun cas de remplacer les assemblées générales par de simples discussions de cuisine. La participation démocratique devrait à la fois aider les instances représentatives, mais aussi permettre de les surveiller, voire de les contester.

M. Nadeau estime que :

La démocratisation du syndicalisme demande certes une revitalisation de la vie démocratique au Québec, mais le monde syndical peut y jouer un rôle déterminant. Ce que le monde syndical fera pour lui sera au bénéfice de chacun d’entre nous.

Christian Nadeau, Agir ensemble ; penser la démocratie syndicale, Éditons Somme toute, 2017.